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Vives inquiétudes sur la situation du soutien public à la culture traditionnelle

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Après plus de 20 ans de travail de concertation, de représentation, de rôle-conseil et de formations professionnelles, le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV) obtient le statut de regroupement national en patrimoine immatériel.  Octroyé par le ministère de la Culture et des Communications (MCC), ce statut s’accompagne des sommes nécessaires pour remplir une fonction de représentation dans des secteurs comme le conte, la sculpture d’art populaire, la technique du fléché, les savoirs liés aux plantes médicinales ou la chanson de tradition orale. Le conseil d’administration du CQPV remercie son partenaire ministériel pour sa confiance renouvelée et la reconnaissance accordée.

Cette bonne nouvelle s’inscrit cependant dans un contexte préoccupant pour l’ensemble du milieu des traditions vivantes au Québec. La non-reconduction des appels à projets dans le cadre du Volet 5 du Fonds du patrimoine culturel a pour conséquence l’absence de nouvelles initiatives liées au patrimoine immatériel depuis 2013-14, année où près de 375 000$ avaient été octroyés pour une quinzaine de projets dans ce secteur. Ce qu’il reste des crédits réguliers de la Direction générale du patrimoine n’a pas non plus permis davantage d’actions en ce sens pour l’année en cours. Les ententes culturelles entre le MCC et les villes, par lesquelles passeront maintenant l’essentiel des fonds du Volet 5, ne prévoient quant à elles aucune allocation de ressources spécifique aux éléments de culture traditionnelle.

De plus, le MCC a annoncé la suppression des subventions au fonctionnement accordées aux organismes en patrimoine immatériel de portée nationale dès 2016-2017. Cette coupure a été annoncée quelques jours seulement après la désignation officielle par la ministre de la Culture de la veillée de danse comme patrimoine immatériel du Québec. Ainsi, les principaux organismes culturels qui organisent ou qui soutiennent des veillées de danse depuis plus de vingt ans, soit la Société pour la promotion de la danse traditionnelle québécoise (SPDTQ, Montréal), le Centre de valorisation du patrimoine vivant (CVPV, Québec) et le Centre Mnémo (Drummondville), verront disparaître les 134 000$ de leur aide au fonctionnement. Une incertitude plane maintenant sur la vitalité même de la pratique culturelle symboliquement reconnue.

Depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012, relativement peu d’initiatives ont été soutenues par les autorités publiques au nom du patrimoine immatériel. De façon générale, les ressources accordées à plusieurs disciplines de tradition orale et gestuelle demeurent per capita bien en dessous de la moyenne des comparables. Le CQPV souhaite travailler avec le MCC et ses partenaires gouvernementaux afin de faire en sorte que l’inclusion du patrimoine immatériel dans la Loi sur le patrimoine culturel s’accompagne d’un développement tangible. Il réitère la nécessité d’élaborer une stratégie concrète axée sur les résultats.

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